Pourquoi un contrôle religieux sur la finance ?

Pour trois raisons principales.

Premièrement, pour s’assurer que les banques et institutions financières respectent les prescriptions de la charia et donc les choix faits par les financiers qui y investissent.

Deuxièmement, pour rassurer les clients sur la compatibilité de leurs différentes transactions avec la religion et donc renforcer leur confiance dans l’institution financière.

Troisièmement, pour débarrasser l’institution financière de toute gêne ou tout doute quant à l’utilisation de tel ou tel instrument financier ou investissement, leur facilitant ainsi la création de nouveaux produits financiers.

L’organe qui assure le contrôle doit adopter le règlement et les statuts qui gèrent l’institution et participe au développement de la stratégie et de la politique de l’institution. En fait, la présence d’une autorité ou d’un conseil consultatif en matière de compatibilité religieuse n’est pas facultatif ni complémentaire : une institution financière dont les statuts stipulent qu’elle respecte la charia doit se doter d’un organe qui contrôle la compatibilité de ses opérations avec la loi religieuse musulmane, et ce quelle que soit l’appellation donnée à cet organe.

J’aimerais bien ici insister sur l’importance du contrôle fait au préalable, au cours de la constitution de l’institution financière. En fait, en cherchant un conseil religieux, les initiateurs du projet financier ne pensent pas seulement à prouver la compatibilité de leurs produits avec la charia, mais ils comptent aussi sur les membres de ce conseil pour convaincre des investisseurs potentiels dans leur projet. Pour cette raison, les porteurs de projets de finance islamique font appel à des érudits et spécialistes de charia reconnus et déjà membres dans des conseils consultatifs de plusieurs banques et institutions financières islamiques.